Tomb Raider : Le Culte des Anciens

    • Nom Anglais : The Lost Cult
    • Nom Français : Le Culte des Anciens
    • Auteur : Mike Resnick
    • Édition : Fleuve Noir
    • Parution : Août 2004
    • Nombre Pages : 383
    • Traduction par : Fabrice Joly

Quatrième de Couverture : En mission pour la CIA, chargée de récupérer des reliques irakiennes volées, Lara Croft échappe de peu à la mort… pour se retrouver parachutée en Amérique du Sud ! Après avoir détruit les résultats d’années de recherche consacrées à l’ancien culte des Méne, le professeur archéologue Frys est assassiné par un mystérieux meurtrier. Pour Lara Croft, les choses sont claires son collègue a dû exhumer un dangereux secret, et on l’a assassiné pour s’assurer que ses révélations ne soient exposées au grand jour. Elle s’envole alors pour les mystérieuses forêts tropicales du Pérou qui abritent les ruines des Méne, et y fait une terrible découverte : une sorte de secte tente de ressusciter ce sinistre culte et ses méthodes pour contrôler les esprits. L’un des membres de ce groupe n’est autre que l’ancienne amie et protégée de Lara, la pilleuse de tombes Ajay – qui semble bien décidée à faire taire Lara… définitivement. Mais l’aventurière en a décidé autrement.

Extrait du Prologue :

La pilleuse de tombes plongeait dans les ténèbres.
Comme toutes les actions qu’elle entreprenait, sa chute était réfléchie : le dos légèrement cambré, les bras serrés le long du corps et les pieds écartés – mais elle tremblait. A cette altitude, la température de l’air était inférieure à zéro. Elle inhalait l’oxygène de l’appareil respiratoire qu’elle portait à la bouche ; elle avait commencé à le faire une heure plus tôt dans le C-130J, un avion de la Royal Australian Air Force, afin de chasser l’azote de son sang.
L’absence d’azote dans ses tissus empêchait l’apparition de la maladie des caissons. Et le fait de respirer l’oxygène par la bouche lui évitait un saignement de nez.
Un saut Haute Altitude Ouverture Retardée ne laissait personne indifférent – que cela soit avant ou pendant le saut.
Elle regarda le signal rouge lumineux, projeté sur la surface interne de sa visière par un petit cylindre laser fixé près de sa tempe, et corrigea sa trajectoire en tendant un bras. Les lumières distantes de l’île Maurice, visibles à quelque vingt mille pieds en contrebas, la réconfortèrent. L’océan indien était un endroit vase et sombre…
Atteindre la vitesse finale était merveilleux ! C’était l’équivalent en chute libre d’une extase aérienne, notamment grâce aux températures plus chaudes qui l’accueillirent lorsqu’elle traversa une couche thermique plus hospitalière. Si elle n’avait pas porté de casque HAOR, qui d’après les plaisanteries de l’équipage australien lui donnait une apparence proche de celle de Dark Vador, ses paupières se seraient décollées pour recouvrir son front et ses cheveux.
Les montagnes volcaniques aux contours déchiquetés de la partie méridionale de l’île se distinguaient maintenant à l’horizon. Son saut visait une riche propriété, une ancienne plantation de canne à sucre située sur le bord de mer.
Elle regarda à nouveau le signal lumineux et écarta, lentement, ses bras et ses jambes pour retarder sa chute. Sa combinaison de saut craquait sous le vent. Le sol se rapprochant, elle posa sa main sur la poignée d’ouverture de son parachute au cas où l’ouverture automatiquement manquerait de fonctionner. Mais rien de tel ne se produisit. Elle dû reconnaître la qualité de l’équipement fourni par ses employeurs… Elle réalisé alors qu’elle avait dépassé le point de largage.
Le parachute noir s’ouvrit, secouant violemment ses organes, et elle vira brusquement de cent quatre-vingts degrés pour raccrocher sa trajectoire initiale. Il ne lui restait plus que quelques secondes. Des images traversèrent rapidement son esprit : elle se revit enfant, assise dans la nacelle d’un manège électrique d’un parc d’attractions,son père le regard noir, sa nurse lui lançant des imprécations bruyantes. Elle corrigea à nouveau sa trajectoire, combattant la brise de terre qui soufflait depuis l’intérieur de l’île…
… et aperçut le système de climatisation installé sur le toit de la résidence de Lancaster Urdmann. Le climatiseur de taille industrielle était son PLD : son point de largage désiré. Elle vit alors pour la première fois le corps principal du bâtiment de style Renaissance. Il était encore plus laid que les photos satellites l’avaient laissé supposer. Urdmann avait le goût et le manque de retenue d’un prince saoudien sybarite.
Qui pouvait bien avoir besoin de deux piscines extérieure et d’un spa ? Mais Lancaster Urdmann pouvait se le permettre – c’était un ancien trafiquant d’armes et financier militaire qui travaillait des deux côtés du rideau de fer. Lorsque Urdmann s’était retiré de l’univers dangereux et intrépide de la contrebande d’armes, il avait attrapé la passion qu’il avait développé en parcourant les points chauds du globe : la collection et la vente d’antiquités. Et il était actuellement en possession de plusieurs reliques irakiennes acquises auprès de gangsters ayant fui le régime de Hussein ; et les Américains et les Britanniques ne désiraient nullement lui racheter ces objets volés.
Elle avait donc été engagée pour mener à bien la récupération de ces objets.
La pilleuse de tombes se rapprocha du système de climatisation de la taille d’une fourgonnette ; le guidage satellite était vraiment une Très Bonne Chose. Se sentant prise de quelques vertiges, elle repoussa l’envie de rapprocher ses talons et se posa délicatement, comme une véritable gymnaste. Si elle n’y prêtait pas attention, l’ivresse du saut pourrait trouver sa concentration et elle s’efforça de garder la tête froide et de s’intéresser à sa mission. Elle ne fit aucune pause et enroula ses mains pour ramener son parachute, puis déboucla le harnais et laissa tomber ses sacs d’équipement. Maintenant libérée, elle retira sa combinaison de saut.
Elle avait trop chaud ; une chose ironique si l’on considérait que la tenue noire et serrée, qui la recouvrait de la tête aux pieds, était une pièce d’équipement technologique baptisée familièrement combinaison isotherme.